Que l’on soit parent ou enseignant, il est coutume d’affirmer que les jeunes générations présentent un déficit d’attention inquiétant. La Toile regorge d’articles grand public confirmant cette assertion. Et, tout le monde de dénoncer le GRAND responsable : le portable !

Seulement voilà, lorsque l’on aborde cette question selon un angle scientifique, la réalité devient plus complexe. Pédopsychiatres, neurologues et autres épidémiologistes ne sont pas d’accord et, à tout le moins, nous invitent à plus de prudence langagière. Car aucune étude sérieuse ne vient confirmer cette idée.

Comme l’évoque Jean-Fançois Marmon (Sciences Humaines, n°298, décembre 2017), les débats sur l’attention soulignent « un paradoxe de notre temps. On demande aux enfants de se concentrer tout en valorisant l’hyperconnexion, qui incite chacun de nous à être à la fois au four et au moulin, en permanence ».

L’enjeu majeur est, peut-être, ailleurs. Selon Olivier Houdé, directeur du Laboratoire de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant du CNRS-La Sorbonne, la génération Z (12-24 ans), qui a grandi avec les jeux vidéo et les téléphones portables, a gagné des aptitudes cérébrales en termes de vitesse et d’automatismes, au détriment parfois du raisonnement et de la maîtrise de soi.

Que faire ?

Pour le chercheur en neurosciences Jean-Philippe Lachaux, il n’y a pas d’attention sans intention. On ne peut se concentrer sans intention claire de ce que l’on cherche ou veut faire. Pour cela, il s’agit de mettre en œuvre le système PIM :

  • Perception. Que dois-je regarder, écouter, ressentir en priorité ?
  • Intention. Qu’est-ce que je chercher à réussir ? Qu’est-ce qui me vient à l’esprit ? Sous quelles formes (images, films, mots, chanson, mouvements, sons…) ?
  • Manière d’agir. Comment vais-je réagir à ces perceptions pour réaliser mon intention ? Qu’est-ce que je vais faire et comment ?

De son côté, Olivier Houdé nous invite à la « résistance cognitive », i.e. inhiber les automatismes de pensée, apprendre à résister et à prendre du recul. En somme, une pédagogie du contrôle cognitif.

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