Aux portes de l’Asie, ou comment créer sa start-up après ses études

Cindy Bui et Cindy Goulamougaidine, fondatrices de Foodsia
Sup de Pub, promo 2019-2020

L’an dernier, quelques semaines avant le confinement notre duo de chic, de choc et de charme décident de créer leurs start up : Foodsia. Un projet entrepreneurial de taille qu’il a fallu conduire et développer en pleine crise sanitaire.

La genèse du projet

« On ne s’est pas rencontrées à Sup de Pub, moi j’étais à l’école il y a plus d’un an maintenant, j’ai rencontré Cindy à la SNCF où j’étais en alternance lors de mes deux années de masters. Cindy était une ancienne collègue qui est devenue une amie aujourd’hui. Du coup, Foodsia est née fin 2019, après mon master 2. Je suis passionnée de cuisine asiatique, passion transmise par mon grand-père qui nous a quittés en cours de route, donc je me suis dit que c’était le moment de lancer le projet, pour éviter que les recettes ne se perdent. J’avais vraiment envie de partager au plus grand nombre nos recettes asiatiques.

J’ai toujours eu la fibre entrepreneuriale. Au collège je vendais des coques de téléphone achetées en Chine pour les revendre à des amis ! (sa complice : « je faisais pareil avec des montres ! »). Cindy a immédiatement partagé mes idées dès le début et elle a suivi ça de près. On est deux, on s’est découpé les missions et les tâches. Mais on fait de tout dans une start up, c’est une activité très polyvalente ! Mais c’est vrai que Cindy G. est plus sur la partie communication marketing évènementiel et moi un peu plus sur la partie commerciale.

Une start-up en pleine crise sanitaire

Initialement, on offrait des ateliers de cuisine aux entreprises, et ça s’était fin 2019 début 2020. On se déplaçait directement dans l’entreprise. Puis en mars, il y a eu le confinement avec la crise sanitaire, donc des restrictions, et bien sûr plus de déplacements chez le client. On a donc essayé de retomber sur nos pattes et de proposer des ateliers, des cours de cuisine en visio. Et fin 2020, octobre/novembre, on a pivoté : on propose toujours des cours de cuisine, mais aussi et surtout des box de cuisine un peu comme Quitoque ; là, on fournit au client tous les produits nécessaires sauf les produits frais pour cuisiner une recette asiatique différentes chaque mois. Cette crise a été finalement une nouvelle opportunité d’ouvrir un nouveau business autre que celui des ateliers. L’idée de la box nous trottait dans la tête depuis un petit moment et cela nous a donné encore plus le courage et le cran de le faire vraiment !

Après la crise, et avec le retour à la normale un jour, je pense que l’on gardera toujours ce côté un peu hybride parce que la box est un produit qui nous tient vraiment à cœur, mais le côté relations clients et proximité des ateliers nous manque beaucoup. L’idée est donc de proposer un atelier avec des ventes de box à la fin des cours. Ce sera donc plutôt un complément.

Sup de Pub, toujours là !

L’aide de l’école a été très bénéfique car on a eu accès, et on a toujours accès, à des experts en juridique, finances, business et développement. Pour le coup, là ça nous a beaucoup aidé ! Nous avons, avec chaque expert, un nombre de temps de formation et nous avons droit d’échanger avec eux, on se voit régulièrement, on s’appelle. Les locaux de Foodsia se trouvent ici à SDP, le stock se trouve chez nous en revanche !

 

Par où commencer quand on créé sa start-up ?

Le début se résume en quelques mots : l’idée, les études de marché, aller interroger les gens pour voir si le produit plaît ou non, si ça existe déjà, s’il répond à une problématique. Le plus important je pense oui, c’est cette rencontre avec les gens et puis ensuite, la partie finances et le site internet dès qu’on a validé le produit . Dès que l’on sait qu’il y a un marché à prendre, un problème, le site internet et la communication suivent.

Et demain ?

La cuisine asiatique est hyper riche, donc pour le coup on va continuer avec les box, car cela représente une recette différente chaque mois ! En plus de ça, on a d’autres idées, d’autres projets que l’on va développer autour de ça, pour créer un réel univers autour de la cuisine asiatique, celle qui est encore à découvrir, celle qui n’est pas totalement connue. C’est toute l’Asie, et l’idée est de faire découvrir toutes les spécialités locales de ces pays, que l’on ne connaît pas forcément si on n’est pas un adepte, si on ne s’est pas intéressé un minimum à ça. C’est vraiment de faire découvrir aussi les régions parfois moins connues de ce continent. On travaille avec un seul fournisseur mais qui a vraiment tous les produits d’Asie !

Des conseils quand on monte sa start-up ?

Ce serait de dire : foncez ! Ne vous posez pas trop de questions et vous verrez… Ce sont juste des tests en fait au début. On teste, on teste, on voit si ça marche. Si ça ne prend pas, et bien ce n’est pas grave ! La vie est trop courte pour se poser 30 000 questions et regretter la fin.

En fait, se dire qu’on a besoin d’argent ou besoin de contacts avant, ce sont des fausses excuses. Il faut se sortir de cette zone de confort, on n’a pas besoin de 10 000 euros pour créer une entreprise aujourd’hui. Nous on n’a pas eu autant pour créer notre start up. Maintenant oui, il y a des personnes qui vont penser beaucoup aux levées de fond, ça crée des objectifs inconsciemment, mais ce n’est pas un objectif en soi. Il faut d’abord penser produit, aller vraiment au plus près de sa cible et s’adapter, s’adapter, s’adapter tout le temps.