Ce vendredi fut un jour particulier, doté d’une ambiance survoltée, agacée, rieuse, émouvante… Roselyne Bachelot, Docteur en pharmacie tombée pas par hasard dans la politique (ses parents étaient tous deux de fervents militants politiques), répondait aux questions de Christophe Pascal. Avec une gouaille et un bagout propre à sa personnalité, cette ancienne ministre n’a pas son pareil pour dire les choses comme elle le pense.
La communication ? Elle sera toujours au service de la personne attitrée : « Mettez du déodorant sur de la merde, ça restera toujours de la merde ! ». Son départ du Ministère ? « Vous partez toujours comme une bonne qui aurait volé l’argenterie ! » Entendez que tout peut être terminé du jour au lendemain, sans préavis. Ministre un jour et le lendemain, plus.

Pour cette grande dame de la politique (70 ans s’il vous plaît et toujours autant d’investissement et de franc-parler), la société d’aujourd’hui est à l’image de ceux qui la dirigent, floue mais Roselyne Bachelot ne veut pas se résigner au pessimisme. Pour elle, le monde entier a fait des progrès, même s’il reste encore énormément de choses à faire. « L’essentiel, c’est d’avoir une cause à défendre ! Les animaux, la faim dans le monde, les enfants malades, peu importe, mais une cause ! Sinon votre vie est trop triste et con ! » et quand on lui demande si elle a rêvé un jour d’un autre Ministère, celui de la Culture par exemple, la voilà qui nous sourit de façon espiègle : « Oui j’aurais peut-être eu envie de ce Ministère, mais j’aime trop la culture pour en être la ministre ! »

Sur son statut de ministre, elle ne tarit pas d’éloges même si « la charge de travail d’un ministre est inimaginable, 24h/24 et 7j/7 ! ». Mais c’est sur la parité et la condition féminine que Roselyne Bachelot tient son meilleur rôle. Les femmes ? « Pourquoi l’on me pose toujours la question de savoir comment j’ai pu allier mon travail et mes enfants ? Posez cette question à mon mari, posez cette question aux hommes ! » Et surtout de conclure en fin de conférence sur l’adage de Françoise Giroux, « mettez une femme incompétente au gouvernement, il fonctionnera toujours mieux qu’avec un homme compétent ! ». Aujourd’hui chroniqueuse sur Grand 8 et RMC, Roselyne Bachelot n’est pas prête de s’arrêter.

Ex-Ministre de la Santé et des Sports (2007/2010), ex-Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale (2010-2012), ex-Ministre de l’Ecologie et du Développement durable (2002-2004)

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