Quand on le voit arriver avec son Ipad dans l’amphi devant un parterre d’étudiants, on n’imagine pas la suite : Plantu dessinant en direct et projeté sur grand écran. L’auditoire est subjugué, l’intéressé sourit. « C’est vrai que je me suis fait parfois interdire des dessins, mais je n’y pense jamais avant. Je dessine au gré de mes envies et pour réagir à l’actualité. » L’actualité, cela fait des années qu’il la pratique, avec parfois quelques traces. Comme ce dessin concernant la pédophilie et l’Eglise, publié dans le journal Le Monde et interdit par la suite avec procès à la clé. Mais c’est le lot de tout illustrateur qui se respecte, et c’est aussi une force. « Après les attentats, j’ai pu réagir avec mon crayon, c’est une façon assez forte et très libre de pouvoir crier son impuissance et sa colère ». Cet ancien élève de Henri IV (« mais j’avais de mauvaises note ») qui est allé sur les bancs de la fac de médecine (« oui mais je me suis fait virer ») a réussi à vivre de la passion qui l’anime depuis toujours. Artiste, communicant « et oui quelque part un peu commercial ». Et quand on lui demande quels conseils il pourrait donner à cette jeune génération qui l’écoute, Plantu sourit : « Ne vous laissez jamais faire et dicter ce que vous devez faire ! Faites ! »
Mardi 24 novembre 2015, amphithéâtre Sup de Pub.

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