Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Mon cursus débute par un BTS Communication au lycée privé Carcado-Saisseval à Paris ainsi qu’un stage atypique à Skyrock (2012). Au cours de ce stage passionnant, je prends part à un projet de site web gouvernemental d’informations pour les jeunes. Après cette expérience, je souhaite m’orienter vers le domaine de la communication institutionnelle. Cette branche est intégrée aux programmes de Sup de Pub que je rejoins pour préparer un Bachelor puis un Master 1.

En Bachelor, un stage à l’Agence nationale des fréquences m’encourage à poursuivre vers la communication publique. Ensuite, alors que je recherche un stage en Master 1, le hasard porte mon attention sur une annonce émanant du cabinet du Gouverneur militaire de Paris. La fiche de poste est singulière : il s’agit de participer à l’organisation du défilé du 14 Juillet, des cérémonies nationales telles que les visites officielles des chefs d’États étrangers, de la Fête de la Musique… Les candidats sont nombreux. Je tente ma chance. Succès ! C’est alors le début de huit mois exceptionnels, passés à découvrir l’événementiel et les relations médias dans un cadre grandiose. Mon tuteur de stage me laisse une certaine autonomie. Un véritable défi pour moi qui n’ait aucune expérience du monde militaire. Je réalise très rapidement la chance que j’ai. Merci Mon capitaine !

Après cette année de Master 1 mémorable passée entre les salles de cours de Sup de Pub et l’Hôtel national des Invalides, je souhaite poursuivre vers la communication publique et politique. En 2013, à l’aube de mon Master 2, Sup de Pub ne propose pas cette option, contrairement à aujourd’hui. J’intègre alors l’ECS Paris. Premier jour, première rencontre : mon voisin de classe – un ami depuis – m’annonce avoir fait un stage à l’état-major des armées. Encore l’armée… un hasard ? Je tente ! Durant six mois, en charge des relations avec les médias, je découvre la communication de crise à un haut niveau, mais aussi toutes les opérations dans lesquelles nos militaires sont engagés pour nous protéger. Je vis au quotidien les enjeux de la communication en matière de géopolitique, au sein d’une équipe constituée de militaires de toutes les armées et de tous les grades. Ils ne comptent pas leurs heures et j’en connais la raison : un sens de l’engagement dans lequel je me reconnais aujourd’hui. Lancement d’une opération majeure, morts au combat de soldats, allégations de viols sans fondement… les crises se succèdent. J’apprends à relativiser et à prendre de la hauteur dans mes réflexions.

Une fois diplômé et à la recherche d’un premier emploi, j’intègre KPMG (leader de l’audit et du conseil) en tant que chargé de communication numérique, après qu’un ancien tuteur de stage leur ait proposé ma candidature. Hasard ? Opportunité ! Après neuf mois riches en expériences humaines, le conseiller communication et porte-parole du chef d’état-major des armées, me propose de rejoindre son équipe pour lancer un compte Twitter et poursuivre la gestion des pages Facebook. Un poste de community manager est créé auprès du militaire le plus gradé de l’armée française. Une fierté pour moi. Un honneur. Alors même que rien ne me prédestinait il y a cinq ans à me rapprocher de l’armée, me voilà responsable des réseaux sociaux de l’état-major des armées. « La chance est bien souvent un hasard qui se provoque » (Confucius).

En quoi consiste votre poste exactement ?

En tant que responsable des réseaux sociaux de l’état-major des armées, ma mission consiste à faire connaître au plus grand nombre l’action des militaires français engagés en opérations ou en missions. J’administre plusieurs pages, parmi lesquelles le compte Twitter @EtatMajorFR que j’ai eu la chance de lancer en 2015, ou encore la page Facebook « Armée française – Opérations militaires ». Une fois préparées, les publications sont validées au plus haut niveau de manière à garantir la sécurité des militaires engagés.

Par ailleurs, pour relayer l’actualité du général François Lecointre, actuel chef d’état-major des armées, il m’arrive de l’accompagner lors de ses déplacements pour réaliser des communications en direct. Ainsi, j’ai eu l’opportunité de le suivre notamment pour une mission en mer, lors de sa visite aux marins des frégates Chevalier Paul et Auvergne. Une expérience unique pour moi.

Parallèlement, j’assure une veille permanente sur tous les sujets qui nous concernent, à l’aide d’outils comme Tweetdeck ou encore Visibrain.


Une journée type dans vos fonctions ?

La journée type n’existe pas. Les armées sont engagées partout dans le monde, en métropole (opération Sentinelle), au Sahel (Barkhane), en zone irako-syrienne (Chammal), au Liban (Daman), en mer (Corymbe – Jeanne d’Arc), aux quatre coins du globe (Antilles, Guyane, Polynésie française, Nouvelle Calédonie…). Il se passe toujours quelque chose. Dans un flux continu de remontées d’informations et d’images, tout l’enjeu au quotidien est d’identifier les informations pertinentes pour le grand public, et de définir le meilleur mode de communication.

Lorsque les militaires sont intervenus aux Antilles pour soutenir les populations sinistrées après l’ouragan Irma – décalage horaire oblige – nous aurions plutôt parlé de « nuit type ». En l’espace de quelques jours, 87 publications sur Twitter, relayées par les médias et par les plus hautes autorités de l’État, 77 sur Facebook et 13 sur Youtube. Des nuits écourtées, mais pour un enjeu national et un résultat : plus de 22 millions de personnes atteintes.

En parallèle, une partie de ma journée fait appel à la créativité. Alors que les internautes sont envahis par des millions d’informations qui défilent à toute vitesse, il faut savoir se démarquer. Être créatif, en employant une formule inattendue ou une photo originale, permet de capter l’attention de l’internaute. Simplicité et audace sont mes deux mots d’ordre.

Que vous a apporté votre parcours à Sup de Pub ?

Mes deux années à Sup de Pub m’ont apporté une approche plus concrète de la communication à travers des cas pratiques et des exemples vécus. Le partage d’expérience de professionnels reconnus comme Romain Mouton, Nicolas Boudot, Anne Magnien, Terrence Zakka, Karim Lekhchine, Frédéric Paillet, Joël Perruchione, Élise Hermant, ou encore Gilles Nakhle (non exhaustif !), était très enrichissant pour tous les étudiants.

Je n’oublie pas non plus pas les interventions de Sacha Mandel. Il était alors conseiller en communication de Jean Yves Le Drian, ministre de la défense réputé pour la maîtrise de sa communication. Ses enseignements et conseils prenaient un sens tout particulier alors que je venais de rejoindre la cellule communication de l’état-major des armées en tant que stagiaire.


Com de crise, com institutionnelle…, la com’ n’a plus de secret pour vous ?

La communication réserve toujours ses secrets. Elle évolue chaque jour, en même temps que les mentalités changent, que les usages qui sont faits des médias évoluent, au rythme des innovations technologiques… Le communicant doit garder les yeux bien ouverts et adapter en permanence ses modes de communication. Les cours dispensés doivent pleinement intégrer cette dimension. Tout ancien étudiant doit parvenir à transposer les enseignements reçus à l’école, à la réalité de son temps, et toujours remettre en question son travail.

Quels conseils pouvez-vous donner aux étudiants désireux de travailler dans la com’ dans l’armée ?

De la communication au sein d’un régiment, d’une frégate ou d’une base aérienne, à la communication pour une armée ou une direction, en passant par la conduite de la communication sur les opérations militaires, ou encore par l’élaboration des campagnes de recrutement ou de la mise en avant de la politique du ministère… les domaines sont très variés. Les métiers le sont aussi. Chargé de projet, attaché de presse, rédacteur, infographiste, réalisateur, photographe, caméraman, directeur artistique : chaque spécialité trouve sa place.

Néanmoins, participer à la communication des armées est bien plus qu’un travail. C’est une vocation. Il s’agit d’évoquer le quotidien des militaires qui risquent leur vie pour protéger les Français. L’étudiant qui souhaite y prendre part doit mesurer l’engagement que cela implique pour lui et la sensibilité des sujets qu’il sera amené à traiter. S’il souhaite avoir l’honneur de porter l’uniforme, il doit prendre conscience qu’il deviendra un militaire, avec les devoirs que cela incombe. Il pourra ainsi être amené à partir en opération, à devoir assurer sa mission parfois plusieurs mois durant, tout en étant éloigné de sa famille et de ses proches. Il doit prendre conscience qu’il pourrait être conduit à prendre les armes si la situation l’exige, même en exerçant la profession de communicant. Il doit réaliser qu’il se rend disponible au service de la Nation, et que les enjeux le dépassent en tant qu’individu. S’il envisage de rejoindre l’institution en tant que civil (c’est mon cas), il doit être prêt à adopter tous les codes de cet univers pour être intégré à cette grande famille.

Rejoindre la communauté des armées confère de nombreuses responsabilités et des devoirs, mais j’ai pu aussi mesurer la solidarité et l’esprit d’entraide qui l’anime. La fraternité d’armes est une réalité. Si je garde des contacts plus ou moins réguliers avec mes anciens collègues du privé, je sais déjà que les liens créés au sein de l’institution militaire restent indéfectibles, même pour ceux qui comme moi, en tant que civils, ne connaîtront jamais l’expérience du feu.

En matière de contrats proposés, il existe plusieurs possibilités. Pour devenir communicant sous statut militaire, le contrat OSC – Officier sous contrat – permet d’intégrer les postes de communication sur plusieurs années renouvelables. Une alternative pour débuter est le volontariat. L’armée de terre, la Marine nationale et l’armée de l’air proposent notamment un contrat de VOA – Volontaire officier aspirant – qui permet à un jeune d’intégrer l’institution pour une année ou plus. À l’état-major des armées, la cellule communication comporte deux volontaires officiers aspirants de la Marine nationale : un attaché de presse et un infographiste (respectivement 23 et 24 ans). En parallèle de leurs missions, ils ont eu l’opportunité d’embarquer sur une frégate en mer. Sous statut civil, des contrats d’une à trois années renouvelables sont proposés. Le Ministère des Armées propose également de nombreux stages. Je recommande aux étudiants de consulter le catalogue des Contrats Armées-Jeunesse. Qu’ils n’hésitent pas !

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