Bien sûr, il y a eu une minute de silence. Une minute lourde de sens et de symboles. C’était le 16 mars dernier, pour la Journée des illustrateurs, une journée consacrée aux caricatures dans les locaux parisiens de Sup de Pub.

Suite aux évènements tragiques de Charlie Hebdo, Sup de Pub s’est fait le relais d’une valve de commémorations. A leur manière, les étudiants n’ont pas voulu que les mots ni les dessins restent sans réponse ni même ne disparaissent avec leurs auteurs, mais au contraire qu’ils continuent d’exister. Sup de Pub leur a donc organisé la projection d’un très beau documentaire, le film de Stéphanie Vallaotto, plus que jamais d’actualité. Co-écrit et produit par Radu Mihaileanu, « Caricaturistes, Fantassins de la démocratie » met en effet en scène douze caricaturistes de différents pays (dont le français Plantu), filmés dans leur quotidien.

Douze fous formidables, drôles et tragiques, issus des quatre coins du monde, des caricaturistes, qui défendent la démocratie en s’amusant, avec, comme seule arme, un crayon, au risque de leurs vies. Ils sont : Français, Tunisiens, Russes, Mexicains, Américains, Burkinabés, Chinois, Algériens, Ivoiriens, Vénézuéliens, Israéliens et Palestiniens. Un film qui a notamment été présenté au Festival de Cannes en mai 2014, et nommé aux Césars 2015 en séance spéciale (hors compétition).

A l’issue de la projection, la réalisatrice a pu discuter à coeur ouvert avec les étudiants : les difficultés de tournage, le contexte politique délicat, la thématique des religions toujours sur le fil, les amalgames à ne pas faire, la liberté d’expression… Un formidable débat qui a trouvé un écho très positif parmi les étudiants de second cycle.

Une exposition d’originaux d’illustrations a clôturé cet évènement avec le vernissage de plusieurs artistes illustrateurs (et enseignants à l’école) présents pour l’occasion : Malvina Berguglian, Bruno David, Alexis Lemoine, Marc Mosnier Franck Stephan Roughman, Jeam Tag… Des illustrations pour encourager la liberté d’expression et rendre un dernier hommage aux talents disparus. Parce que la pub, c’est aussi la disruption et la liberté d’expression.

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