« On vit dans l’hyper présent qui dit que l’avenir est dans cinq minutes et que le passé n’existe plus. » Le président-fondateur de Le 1,  journal d’idées et d’opinions, ex-directeur du Monde, n’y va pas par quatre chemins.

Lors de sa conférence donnée à Sup de Pub devant les étudiants de 3e année, Eric Fottorino a fustigé l’image un peu caricaturale du digital tout en admirant l’époque d’aujourd’hui. L’information doit être divulguée mais pas n’importe comment. Et Le 1 a justement cette ambition d’unifier le savoir. Mais comment peut-on encore sortir un journal papier en 2015 ? Et gérer la pérennité du titre ? Pour cet ancien journaliste du Monde qu’il dirigea durant quatre ans, tout est encore possible : « il suffit juste de prendre le temps de la réflexion et du silence ». La génération d’aujourd’hui n’est pas une génération sacrifiée, et l’avenir, en tout cas en matière de presse, existe, il n’est pas encore écrit, « c’est à nous de l’écrire ! »

Quarante-sept numéros plus tard, soit presqu’une année, Le 1 est toujours là. Il ne se feuillette pas, il se déplie. Il ne se lit pas à l’arrache, mais il se lit, se délaisse et se relit. Un hebdomadaire qui a l’air d’un quotidien. Sa force ? Faire intervenir des écrivains, en sus des journalistes, pour débattre des questions d’actualité. Son credo ? Un poster au milieu qui fidélise le lectorat. Quel lectorat d’ailleurs ? « S’il faut parler de cible, elle va de 13 à 90 ans ; en fait, tous les gens de notre époque et de l’époque qui s’invente ». Pour Eric Fottorino, Le 1 est un véritable projet littéraire. « Si j’avais mis une base line au titre, ç’aurait été : c’est la littérature qui sauve le monde. »

Bio rapido

Eric Fottorino, journaliste pendant 25 ans au Monde. En 2006, il devient directeur de la rédaction, puis de 2007 à 2010, prend le poste de directeur du journal Le Monde.
Ecrivain : « Caresse rouge », « Korsakov », « L’homme qui m’aimait tout bas ».

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