Depuis quelques temps, un bruit court sur la Toile et dans la presse spécialisée : l’ère de la déconsommation serait enfin arrivée ! En témoigne, selon LSA et Les Echos, la baisse significative de la consommation des produits du quotidien.

Évidemment, la réalité est plus complexe :

  • Pour l’heure, dans la majorité des pays occidentaux, la consommation de biens et services continue à augmenter régulièrement.
  • En 2016, selon l’Insee, la France a connu une croissance de 1,3%, et la consommation une hausse de 1,6%.
  • Comme le souligne Les Echos, les Français « mangent mieux, et achètent donc des produits plus chers. C’est le bio, les produits locaux issus des PME. Les produits de distribution dits alternatifs, comme les petites épiceries ou les marchés en plein air progressent aussi. »
  • Il est vrai que l’on observe la montée en puissance d’un courant minimaliste. Aux Etats-Unis, le blogueur Joshua Becker identifie 10 raisons à l’essor du minimalisme : des causes financières, la préoccupation croissante des individus pour les impacts environnementaux et sociaux de la société de consommation, la polyvalence croissante des smartphones et des ordinateurs, qui remplacent toujours plus d’objets du quotidien et, enfin, la remise en cause de l’hyperconsommation comme source d’épanouissement.
  • Ce courant encore minoritaire traduit clairement la remise en cause de la société de consommation…
  • Mais il ne remet pas totalement en question l’hyper-consommation observée dans nos sociétés occidentales. Car le minimalisme se traduit aussi par une valorisation extrême des biens qui sont considérés comme dignes d’être conservés, notamment les appareils technologiques (ordinateurs portables, smartphones dernière génération, tablettes, etc.), mais aussi les vêtements et le mobilier.

Autrement dit, comme l’avait déjà souligné Jean Baudrillard, Dominique Desjeux peut, à bon droit, affirmer (Le Consommateur malin face à la crise, Paris : L’Harmattan, 2013.) que la distinction sociale pourrait désormais s’affirmer aussi dans la déconsommationn. On assiste donc moins à un mouvement de déconsommation qu’à un déplacement de la consommation vers de nouveaux types de produits relevant de ce que l’on appelle l’éconologie, associant l’économie (dans tous les sens du terme) et l’écologie (là aussi dans toutes ces acceptions).

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